l'artiste taulard: Didier Chamizo

Autoportrait aux Ray-Ban (Viaggio a Sicilia) vers 1969
Sa vie est marquée par une malédiction du mal permanente malgré sa volonté à plusieurs reprises de se ranger dans le droit chemin. Mais peut-être que sans cette vie chaotique qu'il a mené pendant des années, il n'aurait pas atteint le paroxysme de son art.
Né en 1951, son goût pour l'art commence très jeune, mais son goût pour l'idéologie soixante huitarde est plus puissant. Un engagement qui le pousse à agir de manière un peu trop rebelle puisqu'il finit derrière les barreaux pendant cinq ans. Mais son pire crime est probablement celui d'avoir détruit, car confus et détruit psychologiquement, plus d'une centaine de ses oeuvres, peintures ou poèmes. Sa vie ressemble à un cercle vicieux qu'il n'arrivera jamais à contrôler. Pourtant, son innocence est toujours clamée; il est innocent, mais il est aussi toujours aux abonnés présents au mauvais moment: traffic d'armes, accident de voiture, hold-up. On le fait devenir un paria, on le pointe du doigt à la fois comme un illuminé de l'art en prison et comme un délinquant qui ne mérite pas de vivre sa passion pleinement.
C'est donc dans sa cellule qu'il met à jour ses oeuvres. Il se fait rapidement repérer et arrive à faire exposer ses peintures à l'extérieur; en revanche la dure justice française ne l'autorise pas à admirer ses vermissages. Ce qu'il peint c'est son admiration pour la liberté, la liberté à l'état pur, ne serait ce que celle de peindre; il fait même revivre certains magazines comme "Ecrou".
Qui lui a finalement accordé la grâce présidentielle en 93? Mitterand, qui marque le début d'expositions fabuleuses de ses oeuvres.
Il exposera, créera des fresques gigantesque dont la plus grande d'Europe dans sa ville natale, Cahors, sur le bord du Lot, il relate huit mille ans d'histoire du vin;
Il ira dans toutes les villes de France pour exposer, peindre devant des enfants dans des écoles, il peindra des portes d'écoles, il laisse sa trace dans de nombreux vermissages, sur des rideux de scènes de cirques, sur des fond de scènes, sur des murs de musées.
A partir de 94, les expositions de ses oeuvres se multiplient enfin; voire même à l'étranger, en premier lieu à Abu-Dhabi, puis en Indonésie.
Mais Chamizo ne s'arrête pas là, son investissement saoixante huitard laisse place à un investissement humanitaire auprès des enfants, dans le conflit yougoslave.
Et ce qu'il y ade fabuleux quant à sa personnalité c'est qu'il refuse de refuser sa réalité historique, il accepte d'être considéré comme un artiste "de prison" et soutient toujours les conférences, ou évènements portant sur ce thème ou qui s'y rapproche. Il reconnaît l'importance du témoignage.
Finalement il aura passé treize ans derrière des barreaux qui l'ont inspiré, lui ont permis de faire sortir de lui ce qu'il y a de plus sensible. Toute son oeuvre se réfère à son existence, qui pour lui sera toujours synonime de vie. Et au fil des années, c'est en collaboration avec de nombreux autres artises qu'il créera comme Jean-Pierre Raynaud, Chassepot, Richard Di Rosa, Francesco Clemente, Jeff Koons, César, Arman, Niki de Saint-Phalle, Kenny Scharf ...
Son art est-il définissable? Je ne pense pas, mais ce qu'il y a de définissable c'est une originalité, le talent qu'il apporte au mond culture, ce qu'il appelle "labstraction lettrique": il expose en fond de toile des mots qu'il affectionne tout particulièrement, les use dans toutes les langues, les épure et leur redonne de la valeur.
Rétrospective de ses séries:
1985: premières oeuvres de la série "Liberté" suite au bicentenaire de l'indépendance des Etats-Unis peintes dans la prison de saint etienne:
1989: série "Révolution
A partir de mi 90': série "Eglise Cathodique"
Diego turbo maradona: lors du mondial de 98
Le samedi 10 mars se tiendra un évènement à Toulouse dans l'espace Bonnefoy en hommage à l'art en prison. Ayant suivi un peu l'organisation de l'évènement, je peux assurer qu'il sera de qualité et invite tous les toulousains à s'y rendre. Sera présent notamment le comteur professionnel Philippe Sizaire accompagné d'une violoniste.
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